#03- JOSEF Albers
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Josef Albers est né le 19 mars 1888 à Bottrop en Allemagne et mort le 25 mars 1976 à New Haven aux États-Unis. Artiste enseignant et théoricien, il est reconnu pour avoir participé aux fondements de l’abstraction géométrique en Allemagne dans les années 1930, ainsi que de l’art optique dans les années et grâce à ses recherches axées sur la couleur, il est considéré comme un des influenceurs majeurs de l’art minimal et de l’art conceptuel des années 1960 aux Etats-Unis.

Il intègre le Bauhaus en tant qu’étudiant en 1920 et y enseigne en tant que Maitre d’atelier dès 1923, et ce jusqu’en 1933. Très vite il entretient une relation singulière aux matériaux (le contact avec leurs textures, leurs contraintes, leurs apparences, et leurs possibilités), ainsi qu’avec les formes géométriques et les couleurs, trois propriétés qui forment la base de sa démarche.

Voir, toucher, manipuler, assembler, comprendre, tels étaient ses préceptes. Ainsi, il est devenu une figure incontournable de l’équipe enseignante et artistique du Bauhaus, où il a, avec Paul Klee, Johannes Itten et Vassily Kandinsky, déployé une importante réflexion plastique, théorique et scientifique sur la couleur.

L'Interaction des couleurs est une étude qui consiste à développer par l’expérience une capacité de voir la couleur. A savoir, le souvenir et par souvenir on sous-entend la mémoire, on cherche aussi à éduquer la lecture des couleurs une approche liée à la perception on peut dire et enfin la relativité de la couleur à savoir le contexte dans lequel la couleur est utilisée.

Josef Albers propose des exercices pour évaluer la valeur et la teinte, au moyen de rectangles découpés dans du papier coloré, afin de pouvoir regarder une couleur dans différents scénarios. On s'aperçoit ainsi que la perception diffère. C'est une réalité d'une importance pratique considérable pour l'artiste, qui ne travaille pas avec des instruments de mesure, mais avec ses yeux, et produit des ouvrages qui ne seront pas mesurés, mais vus. 

L'ouvrage inverse l'ordre habituel des enseignements ; au lieu de dispenser d'abord les bases théoriques, pour aller vers la pratique, il suit une démarche expérimentale, commençant par des manipulations et des observations, avant de produire des conclusions théoriques.

D’ailleurs voici un extrait reconstitué, issu d’un entretien qu’il a eu avec Arnold Bittleman en 1969

           "Je n’ai construit aucune théorie. J’ai seulement essayé de développer des yeux sensibles. Et j’ai essayé d’atteindre cela en établissant des relations de couleurs distinctes – comment s’influencent-elles entre elles ? Elles changent en lumière et en intensité, en transparence, en opacité ? Comment se changent-elles entre elles dans toutes ces différentes directions ? […] La couleur nous amuse, elle nous trompe, elle nous déçoit."

Au plus grand bonheur de nos yeux, toutes les associations sont permises. Les études sont réjouissantes, rafraîchissantes et déconcertantes parce qu’elles parviennent par la géométrie et la couleur, à nous émerveiller

                  "Nous devons savoir que nous possédons deux manières de voir. Par exemple, lorsque nous sommes à l’intérieur une partie de la rétine est activée tandis qu’une autre est activée lorsque nous sommes dehors. [Tout est différent] si nous sommes dans une lumière chaude ou une lumière froide, une lumière intense ou une lumière basse. Notre œil est une machine tellement magnifique."

Ainsi, le message majeur de l’artiste consiste à nous faire comprendre que pour utiliser efficacement les couleurs il est indispensable d'admettre que la couleur trompe continuellement.  Etudier les systèmes de couleurs préétablis avant de pouvoir appréhender le contexte perceptif devient pour Albers un non-sens.

Il faut d'abord apprendre qu'une seule et même couleur appelle des lectures innombrables. Au lieu d'appliquer mécaniquement ou de simplement sous-entendre des lois et des règles d'harmonie, il faut accepter que 2 couleurs différentes aient l'air identiques, ou presque.

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L'HOMMAGE AU CARRE

Il s’agit d’une série d'œuvres, réalisées à partir de 1949 jusqu'à sa mort en 1976. Elles représentent systématiquement trois ou quatre carrés imbriqués, selon une disposition toujours identique : seules leurs couleurs changent.

La forme carrée est choisie pour sa neutralité, estimant qu'elle ne distrait pas le regard du spectateur et lui permet de se concentrer sur l'expérience des différences de teinte, de dimension et de disposition.

L'effet produit est ainsi différent suivant les tableaux. Les carrés peuvent sembler flotter les uns sur les autres ou au contraire être imbriqués les uns dans les autres, créant l'illusion du volume

L’artiste, comme on l’a vu précédemment fervent partisan d’une expérimentation empirique des couleurs, étudie une fois de plus les phénomènes d’interaction optique entre deux couleurs voisines : marron/bleu, bleu/vert et, dans une moindre mesure, marron/vert. Il s’agit d’une démarche constructiviste de l’artiste qui expérimente une approche intellectualisée de l’émotion sensible et spatiale.

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